Résumé de la Conférence Médiathèque de Mutzig (02/02/2016)

Agriculture biologique :

Surface agricole française : 33 millions d’hectare (60% du territoire) 6% en agriculture biologique (8% prévus pour 2017 & 20% en 2020)

  • supprime les intrants chimiques. En conventionnel 80.000 T de pesticides (10 millions de tonnes d’engrais)
  • fixe le carbone dans le sol par sa teneur augmentée en matière organique – absorbe l’eau des pluies (microfaune, microbiote – bactéries – champignons)
  • accroît le captage de l’eau, du CO² et, donc, la fertilité des sols ; nettoie les nappes phréatiques (protège les agriculteurs)
  • favorise les rotations longues et variées des cultures, contrôle les mauvaises herbes par la rotation des cultures, le binage et – cas particulier pour la carotte – désherbage thermique (mauvais bilan écologique)
  • stimule les sols et les plantes (purins de plantes – algues) – favorise les cultures associées (haricot vert + laitue + oignon – brocolis + haricot)
  • ne laisse jamais la terre à nu pour ne pas gâcher d’énergie solaire, par exemple en août – couvre les sols en hiver pour favoriser le foisonnement biologique – les plantes en décomposition forment une litière protectrice qui restitue ensuite aux sols la matière organique
  • ne laboure pas (pas de tracteurs puissants = économie de gasoil) et confie la gestion des sols aux seuls lombrics, nématodes et champignons qui le peuplent, le travaillent et l’aèrent. Au contraire du labour, qui stimule l’apparition de bactéries porteuses de maladies, détruit le mycélium
  • lutte biologique contre les ravageurs – ennemis naturels en serre, maladie (virus ciblé) – pièges à phéromones (confusion des mâles) – produits naturels (pyrèthre, savon noir, huile de colza)
  • replante des haies pour favoriser l’installation des insectes insectivores, des nichoirs pour les oiseaux ou les chauves-souris insectivores, des perchoirs pour les buses (rongeurs)
  • maintien le tissus social, les emplois, la connaissance
  • pas d’O.G.M .

En matière de traitements : En agriculture biologique, l’objectif est de parvenir à un équilibre entre les ravageurs et leurs ennemis naturels tel qu’il ne soit pas nécessaire d’intervenir. Les seuls produits « chimiques » utilisés sont :

– Le sel de cuivre, autorisé à raison de 6kg par hectare et par an mais la moyenne utilisée est de 2 kg. – le souffre – des substances minérales simples qui ne laissent pas de résidus. Utilisé en trop grandes quantités, le cuivre peut cependant avoir un impact défavorable sur l’activité biologique des sols. En agriculture conventionnelle, aucune limitation spécifique n’existe, ce qui devrait changer en 2016, à l’échelle européenne.

Tous les autres traitements sont naturels : algues, prêle, ortie par exemple, en synergie avec le cuivre et le souffre pour une plus grande efficacité, donc des quantités moindres.

Bio c’est cher :

Les contrôles, les semences bio, l’alimentation des animaux (non-OGM), les apports de matière organique sont des postes de charge importants. Frais de main d’œuvre également + élevés : surveillance des troupeaux et des cultures, désherbage mécaniques, travail du sol, etc.

Les semences biologiques sont plus chères ; lorsqu’une ferme n’est pas totalement autonome elle doit également acheter des engrais biologiques et la nourriture des animaux. Certaines variétés utilisées pour l’agriculture sont plus rustiques, plus résistantes aux attaques des nuisibles, mais ont un rendement moindre.

Les subventions sont les mêmes qu’en agriculture conventionnelle mais les rotations de cultures différentes. Or certaines cultures sont moins subventionnées ou pas du tout, comme les légumineuses et les protéagineux. En conventionnel, on cultive principalement du blé et du maïs, qui épuisent les sols mais sont bien subventionnés.

Elles s’améliorent un peu avec la nouvelle PAC 2015-2020. Elles peuvent varier de 50 € à 900 € à l’hectare, sur 5 ans = aide aux agriculteurs, aide propre à l’agroforesterie, indemnité compensatoire de handicap naturel (montagne, piémont, zone défavorisée simple, soutien à l’herbe), soutien aux protéines végétales, protéagineux, légumineuses. Un agriculteur bio ne doit pas rester seul s’il veut avancer. Terre de liens : protéger les terres, impliquer les décideurs, aider les paysans à s’installer, mobiliser les citoyens.

Avec une meilleure répartition des richesses, la faim dans le monde pourrait disparaître : on estime qu’il faut en moyenne 200kg d’équivalent céréales par habitant et par an pour être bien nourri. Or nous en produisons aujourd’hui 330kg.

Si l’agriculture biologique implique dans les pays développés des rendements inférieurs de 10% à 20% à ceux de l’agriculture conventionnelle, elle permet en revanche d’améliorer les rendements de 50% à 100% dans les pays du Sud, tout en augmentant l’autonomie des paysans. Quand l’agriculture bio améliore la qualité des sols, l’agriculture conventionnelle les dégrade voire les rend impropres à la culture.

Blocages psychologiques :

Le sol n’existe ni dans l’enseignement agricole, ni dans les coopératives, ni chez les agriculteurs (source http://www.ofsv.org/)

Ils sont nombreux : « regard du père » dont la plupart des exploitants ont hérité la terre, celui des voisins, sans oublier l’esthétique du champ « propre » c’est à dire sans une mauvaise herbe qui dépasse – mais surtout agronomiques et économiques : ces nouvelles méthodes induisent des sacrifices de rendement, l’abondance de végétation attire les ravageur.

Ce qui est contredit par les récentes observations des scientifiques et fait voler en éclats 60 ans de pratiques agricoles = le rendement + stable avec un nombre de génotypes + important s’explique par les capacités individuelles de résistance de chaque individu, ce qui augment les chances qu’au moins une partie de la population soit moins affectée par le manque d’eau.

On s’attaque à l’une des mamelles de la France, édictées depuis Henri IV…

Autre exemple : source Vittel Sté Nestlé « Leur manière de faire, ce n’est pas notre religion : on veut notre maïs, des rendements élevés, et surtout être maîtres chez nous ».

Agriculture biodynamique :

Rudolph Steiner (1861 – 1925) d’origine autrichienne – anthroposophe – Maria Thun – 1922 – 2012 – Calendrier lunaire – Première conversion d’un domaine en agriculture bio-dynamique : 1925 en Alsace

L’essence de l’agriculture bio-dynamique : toute ferme est un organisme vivant qui doit être le + diversifié et le + autonome possible – les animaux mangent l’alimentation produite sur la ferme, leur fumure nourrit les plantes et le sol, comprenant des espèces animales adaptées au lieu en nombre et en diversité, accompagnées des différentes productions végétales (prairies, céréales, cultures légumières et arboriculture fruitière et forestière).

L’agriculture bio-dynamique attache une grande importance au respect et au renforcement des cycles de vie : germination, croissance, maturité. Elle utilise des préparations bio-dynamiques à base de de quartz et/ou de plantes médicinales (bouse de corne, silice de corne pour une meilleure utilisation de la lumière – pissenlit, ortie, prêle) ; prépare le compost, pour stimuler la vie des sols.

Dynamisation : création d’un chaos, puis d’un vortex, en alternance, pendant une heure, dans de l’eau de qualité (enregistre l’information dans le produit). Puis, brumisation très fine sur les cultures. Elle permet d’agir sur divers processus essentiels, notamment ceux liés aux éléments clefs tels que : silice, calcium, potasse, phosphore, sodium, azote, hydrogène, oxygène, carbone et souffre.

Elle favorise également l’équilibre entre différentes forces cosmiques et terrestres, qui sont à l’origine d’une faune et d’une flore plus diversifiées et plus abondantes, ainsi que d’un développement plus équilibré de la plante. On a ainsi découvert que les semis faits avant la pleine lune produisent des carottes particulièrement bonnes. La croissance se fait d’une façon plus harmonieuse, les fruits sont pleinement mûrs, développent leur arôme caractéristique et nourrissent ainsi le corps, l’âme et l’esprit.

Agro-foresterie : (170.000 hectares en 2008)

Associer les arbres et les cultures. Concept né dans les années 1970 face aux déforestations galopantes – Source « l’Ecologiste » n°40 – été 2013

De tous temps et en tous lieux, l’arbre est un outil d’aménagement et de production indispensable à l’agriculture. La moitié des arbres dans le monde est située hors de la forêt, beaucoup de forêts sont aussi et surtout des agroforêts ou forêts domestiques.

Qu’elle soit tropicale ou tempérée, l’agroforesterie désigne des pratiques agricoles utilisant les arbres autour et dans les champs, sous toutes les formes d’aménagement (haies, ripisylves, bosquets, alignements, etc.).

En plus de pratiques agricoles similaires à l’agriculture biologique :

Les arbres produisent beaucoup avec peu (du bois, des fleurs, des fruits, de l’eau, des animaux). La forêt : pas d’arrosage, de labour, de sarclage, d’amendement.

Tout pousse sous les arbres : « rien ne pousse sous les noyers » mais ce qui est vrai pour un arbre centenaire ne l’est pas pour un jeune arbre agroforestier, installé au bon endroit, au bon moment et qui devra, dès le départ, s’adapter au système de production mis en place par l’agriculteur : le jeune alisier planté dans un champ de blé n’aura d’autre choix que de propulser ses racines en profondeur. En raisonnant les densités à l’hectare, les espacements et en appliquant les tailles de formation adaptées pour produire du bois, conserver l’ensoleillement des étages sous-jacents, le mélange des arbres et des cultures devient un mode coopératif.

L’agroforesterie d’aujourd’hui repose sur une grande diversité génétique d’essences forestières locales, adaptées aux conditions pédoclimatiques (pédologie : études des sols et de leur évolution) du territoire concerné. Soumis au stress (soleil, eau, vent, nutriments) les arbres des champs développent de grandes capacités de résistance et d’adaptation face aux maladies et aux aléas climatiques, permettant de protéger les sols des coups de vent, du ruissellement et de l’érosion.

Elle laisse travailler la nature et (ré)active le génie végétal. Assainir un sol humide, hydrater un sol sec : le même arbre est capable de faire une chose et son contraire.

On produit peut-être plus en agroforesterie, et certainement mieux : des aliments, de la biomasse et une plus grande diversité de cultures, de services et de produits (fourrage, bois d’œuvre, bois énergie, bois raméal fragmenté (BRF), paillage, fruits…).

Sources

L’Alsace est à la fois la plus petite région française métropolitaine et une des plus denses et des plus urbaines. S’étendant sur 8 331,7 km², elle est composée de plusieurs ensembles nature…

L’agriculture alsacienne

Les pesticides sont partout. On sait qu’ils sont présents dans les aliments, dans l’eau, dans l’air, dans les sols. On sait moins qu’ils sont aussi présents dans notre sang, dans nos réserves…

Pesticides. Le piège se referme – François Veillerette

Le petit Guide pour vos amis Bio-sceptiques

http://www.opaba.org/bioenalsace/wp-content/uploads/2012/09/guidebiosceptique_opaba.pdf

Plateforme nationale de l’agroforesterie, de l’agroécologie et de l’arbre champêtre : permaculture, alignements intraparcellaires, sylvopastoralisme, bocage, haies, pré vergers, trognes…

Agroforesterie – Association Française

Grâce à la bêche, on peut rapidement caractériser la fertilité physique et biologique des sols agricoles . Test à la bêche – ‘Spatenprobe’ Görbing – La prova della vanga – diagnóstico de l…

Spaten Test Bêche

Terre de Liens est signataire du premier ‘ Manifeste pour la sauvegarde des terres agricoles et du climat’. Citoyens et organisations sont invités à signer et à relayer cette initiative.

Terre de Liens – Et si vous faisiez pousser des fermes ?

Téléchargez le rapport complet en pdf sur les pesticides et les AMM Rapport pesticides et perturbateurs endocriniens Volet 1 – 20/03/13 Enquête EXPPERT 1 – Exposition aux Pesticides PERTurbateur…

 » Nos rapports  » Générations Futures

Les enjeux sur l’eau : la réponse de l’agriculture biologique L’Europe, au travers de la Directive Cadre sur l’Eau, a fixé un objectif ambitieux : atteindre le bon état écologique des eaux d’ic…

Eau

Dossier : lagriculture biologique peut-elle nourrir le monde, faire vivre de nombreux paysans et abriter une riche faune et flore ? Hors dossier: de nombreux sujets sont abordés, à noter égaleme…

L’Ecologiste n°40, été 2013

La Biodynamie | Le Mouvement de l’Agriculture Bio-Dynamique

La Biodynamie

OSFV

OFSV

Cap sur la PAC 2015-2020

Cap sur la PAC 2015-2020 | Alim’agri
à Vittel, Nestlé met du vert dans l'or bleu - Le Monde - Octobre 2010
à Vittel, Nestlé met du vert dans l'or bleu - Le Monde - Octobre 2010